Les méthodes radicales, la RCH et moi

Publié le par Thomas GOFFINET

Quand on cherche des solutions « naturelles » à une MICI — RCH ou maladie de Crohn — on tombe vite sur du radical : jeûnes longs, bains glacés, protocoles extrêmes. J'ai tout essayé. Et j'ai appris quelque chose d'un peu vexant : le radical m'a moins aidé que l'ennuyeux.

Pourquoi le radical est si séduisant

Une méthode extrême, ça coche trois cases d'un coup. C'est rapide : tu as l'impression d'agir fort, maintenant. Ça donne un sentiment de contrôle : c'est toi qui décides de souffrir un peu. Et ça fait une bonne histoire à raconter.

Le problème, c'est que ces trois choses n'ont rien à voir avec l'efficacité. J'ai poussé des jeûnes bien au-delà du raisonnable, j'ai enchaîné des bains glacés intenses, j'ai voulu « optimiser » jusqu'à ma respiration. À chaque fois, le même schéma : un pic de motivation, puis mon corps qui résiste, puis l'abandon.

J'avais 12 ans qu'on me le disait déjà. Un petit tournoi de ping-pong : au lieu de jouer calmement, j'ai voulu gagner chaque point d'un coup d'éclat. Défaite cuisante. Mon frère : « arrête d'attaquer tout le temps, fais des poussettes. » Je ne voulais pas être régulier. Je voulais être brillant.

Comment je repère aujourd'hui que je force

Le signal le plus fiable : quand je commence à mesurer. Chronométrer, comparer, chercher le record. Le jour où une pratique censée m'apaiser devient une compétition avec mon propre corps, c'est que j'ai déraillé. À ce moment-là, je réduis, ou j'arrête un temps, et je reprends « comme au premier jour » : sans objectif, sans chrono, sans jugement.

Parce qu'on peut faire une bonne chose de la mauvaise façon. Cette phrase vaut pour le jeûne, le froid, le sport, et à peu près tout le reste.

Ce qui marche, et c'est décevant

Un jeûne modéré et régulier plutôt que des jeûnes de plusieurs jours. Une douche froide courte, souvent, plutôt qu'un bain de glace héroïque. Une activité physique douce mais constante. Rien de spectaculaire, rien à raconter en soirée. Juste des petites choses répétées tous les jours — et c'est précisément ça qui m'a apporté une stabilité que les expériences extrêmes ne m'ont jamais donnée.

Avec le recul…

L'équilibre et la régularité battent l'excès, à chaque fois. Progresser par petites étapes, c'est moins glorieux, mais ça tient dans le temps — et avec une maladie chronique, ce qui tient dans le temps est la seule chose qui compte.

Important : c'est mon expérience personnelle, pas un conseil médical. Jeûne prolongé, exposition au froid et changements alimentaires ont des contre-indications réelles, surtout avec une MICI. Demande l'avis d'un professionnel avant d'en faire une routine.

Le détail de ces expérimentations — ce qui a aidé, ce qui a dérapé — est raconté dans mon parcours et dans le livre RCH : Vivre sans médicament.