RCH et repas de famille : l'aliment qu'on mange pour de mauvaises raisons
Gérer son alimentation quand on a une MICI — RCH ou Crohn — c'est faisable… tant qu'on est seul. Le vrai test, c'est le retour en famille. Là, ce n'est plus une question de nutrition. C'est une question d'émotions.
On ne mange pas un aliment, on ravive une époque
Pour moi, c'est le grand bol de céréales sucrées noyées dans le lait. Enfant, c'était le petit-déjeuner parfait : la seule préoccupation était de finir le bol avant d'aller jouer. Chaque cuillère me ramène à ces matins-là, quand la maladie n'existait pas encore dans mon quotidien.
C'est pour ça que c'est si dur d'y résister : je ne mange pas des céréales, je rallume une période entière de ma vie. Et ça, aucune liste d'aliments « autorisés / interdits » ne le prend en compte.
Il y a aussi la culture familiale du « manger vite, manger beaucoup ». Chez moi, finir son assiette en deux minutes, c'était presque un modèle. Se resservir avant les autres, une compétition. Difficile de désapprendre ça en un dîner.
Comment je gère un repas de famille aujourd'hui
Je prépare le moment avant d'y être. Je sais que le bol de céréales va être là, sur la table, à me faire de l'œil. Décider à l'avance ce que je fais, c'est beaucoup plus facile que de résister sur l'instant, la faim et la nostalgie au maximum.
Je me trouve une alternative moins problématique plutôt que de me contenter d'un « non » frustré. Un truc que je peux manger avec eux, au même moment, pour ne pas être celui qui s'isole dans son coin avec son assiette spéciale.
Et j'accepte de craquer parfois. Ce qui compte, ce n'est pas le petit écart d'un dimanche : c'est que ces petits écarts ne redeviennent pas la règle une fois rentré chez moi.
Avec le recul…
Nos habitudes alimentaires ne sont pas dictées que par la faim, mais aussi par nos émotions et notre entourage. Repérer ces influences et apprendre à leur dire non quand elles ne nous servent plus, sans pour autant rejeter les gens qu'on aime, c'est un vrai pas vers un équilibre qui tient.
Important : c'est mon expérience personnelle, pas un conseil diététique. Les aliments qui me conviennent ne sont pas forcément les tiens. Pour un régime adapté à ta MICI, parle-en à ton médecin ou à un diététicien.
Le rôle de l'entourage dans mes rechutes, et comment j'ai réappris à manger, c'est dans mon parcours et dans le livre RCH : Vivre sans médicament.